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Nathalie Bondil - Celle qui a ramené Yoko Ono à Montréal
© Archives
Lennon et Ono en 1969, entourés de journalistes lors de leur protestation pacifique, le fameux bed in de Montréal dans la chambre 1742 de l’hôtel Queen Elizabeth.

NATHALIE BONDIL

Celle qui a ramené Yoko Ono à Montréal

Michelle Coude-Lord
Le Journal de Montréal
28-03-2009 | 04h00
Elle dirige le Musée des beaux-arts de Montréal depuis deux ans et accumule les succès.

Audacieuse, Nathalie Bondil offre Le printemps de la paix avec l’exposition Imagine et cet hommage au 40 ans du bed-in de Yoko Ono et John Lennon.

«J’aime que l’art soit aussi socialement engagé et porteur de message.

Peace and love, 40 ans plus tard, la force du message est encore là, tangible», raconte la directrice de 41 ans, vive, dynamique et passionnée.

Nathalie Bondil c’est un peu comme la perle du musée dévoilée au grand jour. Elle y travaille depuis dix ans comme conservatrice du musée.

Mais lors du départ en janvier 2007, de M. Guy Cogeval qui était d’ailleurs son ancien professeur, elle est devenue responsable de 200 employés et 500 bénévoles.

Depuis, les expositions à succès se multiplient et le musée enveloppe la ville et entre dans la vie des gens comme jamais.

LA VENUE DE YOKO

Humble, elle dira simplement qu’elle partage une passion.

La venue de Yoko Ono est un grand coup.

«Le bed in s’est passé ici - 40 ans de distance, mais avec le même message d’espoir, aussi porteur -. Je ne veux pas offrir aux gens l’anecdote ou la nostalgie du moment; je veux que cette exposition, qui sera un parcours de 1000 mètres carrés présentant pas moins de 140 oeuvres, redonne la force de ce message», exprime Nathalie Bondil qui recevra Yoko Ono en préouverture de l’exposition le 31 mars prochain.

Il y aura donc des oeuvres de John Lennon, celles de Yoko Ono, de la musique, de la poésie, des toiles... un parcours de 40 ans, un voyage artistique.

«L’art était au coeur de la vie de Yoko Ono et de John Lennon. Ils étaient tous deux imaginatifs et étaient habités par un grand amour fou. Juste leur rencontre est totalement poétique. Dans une petite galerie underground de Londres, arrive un jour ce grand monsieur devant cette artiste. Au milieu de la place il y a une échelle. Il monte et dans une loupe, lit le mot yes, tout simplement.

Yoko est une artiste conceptuelle. Tous deux se rejoignaient aussi par l’humour. Ils étaient tellement avant-gardistes.

Eux, ils disaient, «Si vous voulez». Aujourd’hui on regarde leur message, et, oui, ils étaient très avant-gardistes.»

L’ART ENGAGÉ

Yoko Ono a surveillé toutes les étapes de cette exposition appelée Imagine. «Elle aime l’interaction. Il y aura une salle de paix, elle voit l’art comme un véhicule. D’ailleurs, il y aura le téléphone de la paix et Yoko Ono a accepté de parler une fois par jour à un visiteur. Il y aura un grand lit, car on célèbre le bed in, et on pourra écouter de la musique. Elle veut que ce soit un échange, une réflexion, une prise de conscience.

L’art doit être aussi un acteur de changement», affirme Nathalie Bondil qui dit ne pas avoir eu de difficultés à convaincre Yoko Ono.

«Elle fut enchantée par le projet. À 76 ans, cette femme est d’une intelligence incroyable et d’une pertinence... C’est une femme exceptionnelle, réfléchie avec une justesse et clarté dans ses propos.»

LA PERFECTION...

Une femme qui ne laisse rien au hasard. « Elle suit pas à pas ses projets et est très perfectionniste; elle veut toujours savoir le pourquoi du comment», ajoute avec un sourire admiratif, Nathalie Bondil.

  • L’exposition Imagine du 2 avril au 21 juin 2009. Entrée gratuite.
  • En 2007-2008 le musée a attiré près de 700 000 visiteurs. Du jamais vu.

© Le Journal de Montréal - Archives
Nathalie Bondil... une femme passionnée a la tête du Musée des beaux-arts de Montréal.

Une exposition gratuite et appuyée par un grand partenariat

La directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, a tenu à ce que l’exposition Imagine, soit gratuite. Elle est fière également que ce Printemps de la paix soit associé à une trentaine de partenaires.

«Imagine véhicule de grandes valeurs. Il y a de ces expositions dont la gratuité va de soi. Celle du Printemps de la paix se devait d’être gratuite.»

Elle promet d’offrir aux visiteurs de cette exposition «un monde des sens et de l’émotion. Un message de paix se veut aussi très festif», confie, enthousiaste, Nathalie Bondil.

La directrice est aussi heureuse que cette exposition si importante ait reçu l’aide de 30 partenaires et des 500 bénévoles du musée.

«Ça rejoint les messages de paix et d’entraide de l’exposition. Yoko Ono et John Lennon favorisaient l’art engagé, l’art qui amène une action pacifiste. La création de cette exposition s’est faite, habitée par ces valeurs.»

DE LA VISITE RARE

Yoko Ono n’était pas souvent revenue à Montréal depuis le bed in de 1969. Peut-être une fois seulement, lorsqu’elle est venue visiter les installations du Cirque du Soleil à Montréal, lors de la préparation du spectacle Love.

«L’art peut aussi amener des rencontres, nourrir les gens d’émotions. En 1969, à Montréal, Yoko Ono et John Lennon imaginaient un monde meilleur. Quarante ans plus tard, on reprend la force du message. Les gens réaliseront encore plus que l’oeuvre de ce couple peut être représentée par un coeur avec quatre mains. Leur vie était leur art. La puissance était dans leur création. Ils rejetaient l’adulation, ils préféraient la force des mots. C’est ce voyage-là que nous offrons aux gens», conclut Nathalie Bondil qui nous a concocté ce Printemps de Paix.

Et Yoko Ono a ouvert à nouveau les portes de son jardin secret avec John Lennon. «J’aimerais que les jeunes viennent découvrir l’ampleur et la subtilité de ces deux grands artistes. Je les invite à venir en grand nombre», ajoute la directrice du musée.

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