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Fête nationale 2009 - Une fête rassembleuse
© Photo d'archives Le Journal de Montréal
Éric Lapointe

FÊTE NATIONALE 2009

Une fête rassembleuse

Michelle Coudé-Lord
20-06-2009 | 04h00

Trois filles, quatre groupes, un gars, un nouvel animateur et plus de 200 000 personnes attendues mercredi prochain au Parc Maisonneuve pour le grand spectacle de la Fête nationale.

Des artistes qui chantent avec leur coeur, leurs tripes et veulent un Québec rassembleur, pas celui qui est prisonnier d’un débat sur la langue.

Comme le dit si bien Florence K «pour moi chanter à la Fête nationale est un geste d’amour pour cette terre qui m’a vue naître et grandir.»

Des paroles réconfortantes après une semaine où la controverse sur la présence ou non du groupe Lake of Stew et de l’artiste Bloodshot Bill, deux bands anglophones de Montréal, à la Fête nationale du 23 juin dans le Parc Le Pélican, a failli faire oublier l’essentiel de ces grands rassemblements.

Les producteurs Télé-Vision, Jean et Sylvie Rémillard en sont à leur 17e spectacle de la Fête nationale tant celui sur Les Plaines que celui de Montréal. Un mot les habite, «la fête».

PAROLE À LA MUSIQUE

Pour eux, pas de débat sur la langue, «la musique est universelle.» En compagnie d’Ariane Moffatt, Florence K, Marie-Mai, Zébulon, les Porn Flakes, la Bottine Souriante, Karkwa, Éric Lapointe et l’animateur Guy A. Lepage, ils entendent bien créer une véritable synergie avec la foule.

«La fête est réussie si la foule immense et les artistes ne font qu’un», affirment en entrevue les producteurs. Sylvie Rémillard nous prévient déjà qu’avec le départ de Normand Brathwaite après dix ans, il faut s’attendre à un ton musical différent.

«Il y aura moins de percussions, plus de guitares. Guy A. surprendra avec sa chanson fétiche québécoise, une réponse à la Bitt à Tibi chantée par Normand.» Un exercice de diction pour l’animateur qui surprendra Sylvie Rémillard.

La présence de quatre groupes est une belle occasion pour rendre hommage aux groupes cultes de Corbeau, à Beau Dommage, en passant par les Colocs, Octobre et Les Classels.

TOUTES LES CULTURES

Quand on demande aux producteurs si on chantera en anglais, Jean Rémillard n’écarte pas la question et se fait bon joueur et répondra en toute franchise et sincérité.

«Si on plaît à l’un, on fait de la peine à un autre. Or, ce n’est pas par mesquinerie qu’il n’y a pas cette année de chansons en anglais. Nous allons aussi produire le show l’an prochain, donc à ce moment-là, nous tiendrons compte des nouvelles tendances et des nouveaux courants. Ce n’est pas le temps de partir un débat sur cette question. Nous, on invite les gens à venir faire la fête tout simplement.»

PAS UNE QUESTION DE LANGUE

Même son de cloche du côté du directeur général de la Fête nationale, Luc Savard, qui s’est retrouvé avec cette patate chaude cette semaine.

«Ces derniers évènements sont venus occulter ce qu’un gars comme Normand Brathwaite a fait pendant dix ans où on a chanté dans plusieurs langues et invité des artistes de toutes nationalités. Nous ne sommes pas bornés et fermés aux autres artistes qui ne chantent pas en français. Au contraire. Mais la langue nationale est le français, normal qu’elle soit largement utilisée. On va laisser la poussière retombée et mieux réfléchir sur la question. Mais la fête nationale se veut rassembleuse et ouverte sur toutes les cultures. Et cela ne changera jamais.»

Un gros spectacle d’un million de dollars qui, malgré la crise a reçu l’appui des commanditaires. Est-ce une fête politique? «Il n’y a pas une fête qui porte le nom de nationale qui n’est pas politique. Mais on ne la veut pas partisane. Mais jamais on ne contrôlera le message des artistes. Ils sont des libres penseurs et on ne leur met pas les mots dans la bouche. Ils continuent de dire ce qu’ils pensent et c’est crucial pour nous», conclut Luc Savard du Comité organisateur de la Fête nationale.

  • Le spectacle de la Fête nationale est présenté dès 21h30 à Radio-Canada. Le budget total du défilé et du spectacle de la Fête nationale est de 1 930 000$. 50 % des sommes viennent du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal; 40 % des commandites (Loto-Québec investit plus de 200 000$) et 10 % des revenus autonomes de ventes de bière par exemple. Le spectacle à lui seul coûte 1 M$.

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