PARISGregory Charles fait une démonstration de forceMichel Dolbec 26-11-2007 | 18h44
Dans son entourage, on présentait prudemment ce tour de chant comme une «première fenêtre» sur le marché français. Il reste que rien n'avait été ménagé pour faire bonne impression. Ce «show case» aurait coûté un demi-million de dollars. En veston noir et en chemise rose, en voix et très bavard, «Musicman» a débarqué avec ses huit musiciens, ses trois choristes et un choeur gospel d'une trentaine de membres. Au programme, des standards et des titres de ses deux albums: I think of you et Loin de la lumière. Moment fort de la soirée: un duo avec la chanteuse française Chimène Badi (Quand on se voit). «En France, il n'y a pas d'artistes qui aient autant de facettes à offrir que Grégory, a-t-elle dit en sortant de scène. J'espère que ça accrochera ici. Ca serait un enrichissement pour le paysage musical français.» Le patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon, qui entend bien travailler avec Grégory Charles «s'il y a des suites», avait mis son carnet d'adresses à son service pour remplir les lieux le mieux possible. Résultat: environ 300 personnes prenaient place dans la salle, dont une large majorité de Québécois. Parmi eux, Anthony Kavanagh, le chorégraphe Edouard Lock et la chef du Parti québécois, Pauline Marois, en vacances à Paris pour quelques jours avec son mari. «C'est un hasard. Grégory Charles et moi, nous nous sommes retrouvés à bord du même avion. Il nous a invités. Je suis très contente d'être là. Je l'écoute le samedi à la radio. Et sur scène, il est très impressionnant», a dit Mme Marois. La vraie question est maintenant de savoir si ça marchera ou pas. Certes, les «demandes spéciales» constituent un numéro «extrêmement original», comme l'a reconnu l'animateur de télévision Arthur, l'inventeur de La Fureur, appuyé contre le bar où on servait du champagne aux VIP. Mais il n'est pas sûr que le répertoire de Grégory Charles soit «assez fort» pour se démarquer de la production courante, notait de son côté un fin connaisseur du showbiz français. «C'est virtuose, mais en même temps très convenu. Il n'y a rien qui dépasse», a-t-il déploré. Pour avoir une meilleure idée de ce qui se prépare, il faudra sans doute attendre que Grégory Charles se produise dans une vraie salle de spectacle. Qu'on se le dise en effet: repris par le riche producteur Gérard Louvin, le Bobin'o n'a absolument plus rien à voir avec le Bobino mythique de jadis, où se sont produits Brel, Brassens, Piaf ou Gréco. C'est désormais un cabaret, construit à grands frais, où les touristes peuvent assister en mangeant ou en buvant du champagne à «un spectacle interactif, chic, sexy et plein d'humour». Pas vraiment le genre d'endroit où se font les grandes carrières. |