PIERRE LAPOINTETout est prêt pour deux autres albumsPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 28-11-2007 | 12h14
Pierre Lapointe ne chôme pas. Son disque de spectacle enregistré avec l'Orchestre Métropolitain était en vente depuis quelques heures à peine quand il nous a appris qu'il avait déjà assez de matériel pour mettre en marché deux nouveaux compacts de matériel original. «J'ai déjà deux disques d'écrits», lance Lapointe, sourire en coin, quand on lui demande à quand la suite de La Forêt des mal-aimés, alors qu'il enfilait des entrevues express à la SAT (Société des arts technologiques). «J'ai déjà deux disques d'écrits, répète-t-il, face au regard éberlué du journaliste. J'ai 20 chansons qui dorment. Je les ai finies cet été.» Évidemment, Lapointe n'avait rien à faire durant la saison estivale, lui qui a fait des allers-retours en Europe, en plus de préparer le spectacle de clôture des FrancoFolies avec son pote Nézet-Séguin, immortalisé avec le compact Pierre Lapointe en concert dans la forêt des mal-aimés avec l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal dirigé par Yannick Nézet- Séguin. «Ça va commencer par un show et puis un disque, comme j'ai toujours fait. J'ai mon titre, mon équipe, tout est monté, ajoute-t-il. Il reste juste à faire le show. Et ça va être ben bon! (grimace de satisfaction) Ce projet, j'ai commencé à le méditer alors que sortait l'album La Forêt des mal-aimés. Cette histoire- là, je l'ai dans la tête depuis que j'ai 14 ans.» Toujours en avant Bref, Lapointe bâtit toujours ces projets longtemps à l'avance. «Quand les gens ont vu le spectacle cet été, ça faisait un an qu'on travaillait dessus. Les chansons de La Forêt des mal aimés, je les avais "cassées" en spectacle un an avant la sortie du disque. Ça va être le même principe pour l'album à venir. Il va y avoir un spectacle exclusif de nouveau matériel, puis le disque va sortir peu de temps après.» En attendant cette parution - probablement à l'automne 2008 -, on peut se régaler avec ce magnifique disque de concert, forcément écourté par rapport à la livraison originale qui dépassait les deux heures. «On aurait pu faire l'intégrale, mais certaines prises de son n'étaient pas bonnes. On a enlevé les interventions parlées, écourté les applaudissements et il y avait, bien sûr, une question de coûts exorbitants liés à un disque double ou à un DVD. Peut-être que dans 15 ou 20 ans, on fera l'intégrale du spectacle, mais pour l'instant, l'important, c'était d'archiver le spectacle de toutes les façons. Radio- Canada l'a filmé - ils feront peut-être un DVD - et l'a enregistré pour la radio et on a maintenant un CD comme témoignage.» Nouvelles tournées en Europe en vue Populaire en France, Pierre Lapointe? Indiscutablement, quand on voit ses affiches à hauteur d'homme dans le métro parisien. Mais ça dépend à quel public l'on s'adresse. L'accueil de la presse écrite est hallucinant, dit celui qui revient de cinq semaines de spectacles et de promo dans l'Hexagone. C'est un accueil débile! Mais tout ce qui est télé et radio, ça ne marche pas du tout. " Cela dit, le soir du spectacle au Bataclan (17 novembre), Lapointe a attiré plus de 1000 personnes qui ont hurlé de plaisir. «Ma famille était à Paris et elle m'a demandé: Puis, les critiques, demain? Qu'est-ce qu'on achète? J'ai répondu qu'il n'y en aurait pas. Sur les 1000 et quelque personnes, il n'y avait pas un journaliste. À Paris, des shows avec plus de 1000 personnes, il y en a 20 ce soir-là! Mais on n'a pas à se plaindre, on a fait salle comble à Paris et les deux soirs à Bruxelles.» Première étape Lapointe admet que la première étape était de séduire la presse spécialisée - c'est-à-dire la presse écrite -, ce qui fut fait. «Tous ceux que l'on voulait, Les Inrocks, Télérama, Le Monde, on les a eus. Il y en a même qui étaient "crampés" de voir que Les Inrocks et Télérama s'entendaient enfin sur un album, eux qui se détestent. Mais les médias de masse, ça prend plus de temps, comme ce fut le cas au Québec. Quand on a commencé à tourner à la radio à Montréal, ça faisait deux ans que le premier album était paru, il était vendu à près de 100 000 exemplaires, et on avait un public de base. Il faut faire la même chose en Europe en faisant de la tournée.» |